Les caméras embarquées

caméra embarquée

Une caméra embarquée est un appareil compact conçu pour filmer en mouvement, fixé sur un véhicule, un casque ou un harnais. Née dans l'aéronautique et la défense, elle s'est démocratisée avec le sport, puis avec l'automobile, deux usages qui n'appellent pas du tout le même matériel.

Ce qui compose l'appareil

Un capteur d'image de petite taille, un objectif à très grand angle, un processeur qui compresse le flux en temps réel, une batterie, et une carte mémoire rapide. C'est la chaîne complète, et chaque maillon peut limiter le résultat.

La taille du capteur compte plus que le nombre de pixels annoncé. Un capteur minuscule affichant de la 4K produit une image bruitée dès que la lumière baisse ; un capteur plus grand en 1080p sera meilleur en fin de journée ou en tunnel. Le débit d'encodage, exprimé en mégabits par seconde, est le second critère : c'est lui qui décide de la tenue des détails dans les scènes chargées, feuillage, gravier, pluie.

La stabilisation, ce qui a tout changé

Deux techniques coexistent. La stabilisation optique déplace une lentille ou le capteur ; elle est efficace sur les vibrations, limitée en amplitude. La stabilisation électronique recadre l'image en s'appuyant sur les données d'un gyroscope : elle corrige de grands mouvements, au prix d'un léger rognage du champ.

Sur les modèles récents, la stabilisation électronique associée à un horizon verrouillé donne un résultat que seul un stabilisateur mécanique permettait il y a 10 ans. C'est le progrès le plus visible du domaine, et le critère qui distingue le plus nettement deux appareils au même prix.

La caméra de tableau de bord : un autre métier

Une caméra automobile n'a pas les mêmes priorités qu'une caméra de sport. Elle doit enregistrer en boucle, écraser les fichiers les plus anciens, et verrouiller automatiquement la séquence en cours quand l'accéléromètre détecte un choc. Elle doit démarrer et s'arrêter avec le contact, supporter les températures d'un pare-brise en plein soleil, d'où l'usage de supercondensateurs plutôt que de batteries au lithium sur les bons modèles, et soigner la lisibilité des plaques, ce qui suppose un bon comportement en contre-jour.

Le mode surveillance en stationnement demande une alimentation permanente prise sur la boîte à fusibles avec coupure basse tension, faute de quoi la batterie du véhicule se vide.

Ce que dit le droit

Filmer depuis son véhicule pour un usage strictement privé est licite en France. Trois limites encadrent la pratique. La diffusion : publier une vidéo où des visages et des plaques sont identifiables suppose de les flouter, sauf consentement. L'installation : la caméra ne doit pas gêner le champ de vision du conducteur, sous peine de contravention. L'usage probatoire : un enregistrement peut être produit en justice, mais il n'a pas de valeur automatique et peut se retourner contre celui qui le fournit s'il montre sa propre infraction.

Pour un usage professionnel (flotte d'entreprise, taxi, livraison) la mise en place relève du règlement européen sur les données personnelles : information des salariés, durée de conservation limitée, finalité définie, et consultation des représentants du personnel.

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